Les aventures de Rafale

Les barrages, au cœur de l’histoire du Québec


Savez-vous si ce barrage est construit ici depuis longtemps?

Je ne sais pas si ce barrage est là depuis longtemps, mais ce n’est pas d’hier que des barrages sont construits au Québec!

Je crois même qu’Hydro-Québec existe depuis les années quarante.

Ce que tu ne sais peut-être pas, Rafale, c’est que des barrages ont été construits bien avant la création d’Hydro-Québec.

Pour en savoir plus sur l’évolution de l’utilisation des barrages au fil du temps

Au Québec, des barrages ont été érigés pour répondre aux besoins de divers secteurs d’activité. Voici quelques exemples de l’évolution de leur rôle au fil du temps.

La pêche des Amérindiens

Bien avant l’arrivée des Européens en Amérique, les Amérindiens pêchaient parfois en se servant de barrages. Ils choisissaient l’endroit le plus étroit d’une rivière pour y installer une barrière de perches et d’arbres ébranchés. Ils laissaient une ouverture à l’endroit où le courant était le plus fort pour y placer un filet qui permettait de prendre au piège les poissons qui étaient obligés de passer par cette ouverture.

Le temps des draveurs

Au milieu du 19e siècle, la drave est un moyen très utilisé pour transporter le bois coupé au Québec. La drave, c’est le flottage de troncs d’arbres sur les rivières jusqu’à la scierie qui se situe, en général, à l’embouchure de la rivière.

Durant l’hiver, le bois est coupé, transporté par des chevaux et entassé sur les lacs et sur les rives des rivières. Au printemps, la glace fond et les billes amassées sur les lacs flottent. Un barrage construit à la décharge du lac permet de remonter le niveau et d'augmenter la quantité d'eau retenue dans le lac. Une équipe d'hommes travaille sur le lac à rassembler le bois flottant pour le rapprocher du barrage. Quand l'eau de fonte a fait monter suffisamment le niveau du lac et qu'une bonne quantité de bois se trouve près du barrage, on ouvre la vanne du barrage pour créer un courant d’eau qui permet au bois de descendre la rivière jusqu’à la scierie. L’énergie nécessaire au fonctionnement de la scierie est souvent produite par un autre barrage situé sur la rivière à côté de celle-ci.

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L’industrialisation

La fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918) ouvre une ère de prospérité économique partout au Québec. Cela se traduit notamment par des investissements dans de nouveaux secteurs industriels axés sur la transformation des matières premières, comme les pâtes et papiers, les mines, le textile, l’acier et l’aluminium. À cette époque, les entreprises construisent des usines de transformation dans des régions éloignées (Témiscamingue, Mauricie, etc.) qui ne sont pas encore desservies en électricité. Les entreprises doivent donc construire des barrages hydroélectriques pour produire l’énergie nécessaire au fonctionnement de leurs usines.

Hydro-Québec et les prouesses du génie québécois

Hydro-Québec naît en 1944 à la suite de l’achat par le gouvernement du Québec de la compagnie Montreal Light, Heat and Power, qui fournissait inadéquatement l’électricité à la région de Montréal. Hydro-Québec a alors le mandat d’offrir les meilleurs tarifs et services possibles. Pour ce faire, la société d’État débute la construction de nouvelles centrales hydroélectriques à Bersimis, Beauharnois et Carillon afin de fournir l’électricité nécessaire pour approvisionner les appareils électriques des particuliers et les usines situées dans des régions mal desservies.

Afin de répondre à la demande grandissante en électricité, Hydro-Québec conçoit le plus ambitieux projet hydroélectrique en Amérique du Nord. Il s’agit du projet Manic-Outarde qui vise à exploiter les rivières Manicouagan et des Outardes situées sur la Côte-Nord. Le projet débute en 1960 et sa réalisation s’étale au total sur une vingtaine d’années. Le projet comprend la construction de sept centrales hydroélectriques et de nombreux barrages, dont le plus imposant est le barrage Daniel-Johnson.

Les travaux de construction du barrage Daniel-Johnson ont duré environ trois ans et demi. Il s’agit du plus haut barrage à voûte et à contreforts au monde, avec ses 214 mètres de haut, soit la hauteur d’un édifice de 50 étages. Le barrage retient les eaux du réservoir Manicouagan, qui fait partie des dix plus grands réservoirs artificiels du monde par son volume d’eau. Le barrage Daniel-Johnson permet de contrôler la quantité d’eau libérée vers les centrales hydroélectriques en aval, lesquelles produisent de l’électricité pour répondre aux besoins des consommateurs.

Malgré les dimensions impressionnantes du barrage Daniel-Johnson, la principale innovation associée au projet de Manic-Outardes est la mise en service d’une ligne de transport d’électricité de 735 kilowatts, une première mondiale qui apporta une grande renommée à Hydro-Québec et à l’expertise des ingénieurs québécois.

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Wow! Je n’aurais jamais cru que les barrages faisaient partie du paysage du Québec depuis aussi longtemps et qu’il y en avait d’aussi gigantesques!

Impressionnant, n’est-ce pas? Qu’en dis-tu, Mélodie?

En effet! Il y a tellement de lacs et de rivières au Québec que ça explique pourquoi on y trouve autant de barrages.

Tu as bien raison, Mélodie. Et en plus, les barrages peuvent remplir plusieurs fonctions selon les besoins et les caractéristiques du territoire qui l’entoure.

Parlant de fonction, je me demande pourquoi un barrage a été construit à la sortie de ce lac…


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