Le coin de Rafale

Sais-tu ce qu’est le continent de plastique?
Catégorie : 12 à 15 ans

Magma
J’aimerais te parler d’un phénomène qui met en danger la santé des océans : on l’appelle le « continent de plastique ».

As-tu déjà entendu parler du septième continent, du vortex de déchets du Pacifique Nord ou du continent de plastique? Ces termes désignent tous la même chose, soit une énorme masse de matières résiduelles qu’on retrouve dans les océans. Il y en aurait cinq en tout, le plus gros étant situé au nord de l’océan Pacifique, entre la Californie et Hawaï. Il est représenté par le cercle 1 sur la carte ci-dessous.

Les débris s’agglomèrent en raison des tourbillons d’eau générés par les courants marins dominants. Ces tourbillons, appelés « gyres océaniques », sont représentés par les flèches sur la figure ci-dessus. Ainsi, les déchets présents dans les océans suivent ces courants et restent pris dans les gyres, formant des masses de matières résiduelles qui ne cessent de grossir pour former d’immenses îles!

Source : The Ocean Cleanup

L’origine du problème

Depuis une soixantaine d’années, la production mondiale de plastique a pris une proportion impressionnante! Chaque année, on produit environ 300 millions de tonnes de plastique, un chiffre qui augmente tous les ans. On retrouve des plastiques à usage unique partout : bouteilles d’eau, pailles, emballages, sacs d’épicerie, etc. Ces objets ne sont utilisés qu’une seule fois avant d’être jetés à la poubelle. Imagine la quantité de déchets non biodégradables que l’on produit chaque année à ce rythme! Certains pays ont de la difficulté à gérer ces énormes quantités d’ordures. Trop souvent, les matières résiduelles finissent par être rejetés dans les cours d’eau ou sont emportés par le vent, ce qui contribue éventuellement à augmenter la taille des continents de plastique. Chaque année, on déverserait 8 millions de tonnes de plastique dans les océans.

Source : © Sémhur / Wikimedia Commons

La provenance de ces débris est diverse : matériel de pêche abandonné, microparticules de plastique provenant de plus larges débris décomposés, produits de beauté, vêtements, etc. De plus, plusieurs débris relâchés dans la mer à la suite d’un tsunami ou d’inondations dérivent et sont pris dans ces courants.

Il est difficile de connaître la taille exacte de ces continents de plastique, mais les experts auraient récemment avancé qu’environ 1,6 million de kilomètres carrés seraient couverts de débris. Si cette dimension est difficile à imaginer, dis-toi que c’est plus grand que la taille de la province de Québec, qui est très vaste : 1,54 million de kilomètres carrés!

Des répercussions importantes

Tu dois te dire : autant de déchets matières résiduelles flottant dans l’océan, ça doit causer quelques problèmes! Eh bien, tu as raison!

Tout d’abord, des centaines d’espèces de poissons, de mammifères marins et d’oiseaux marins vivent dans ces régions. C’est donc à travers ces débris qu’ils se déplacent et se nourrissent. Ainsi, il est fréquent que des animaux restent pris dans des débris, ce qui peut les blesser et même les tuer. Par exemple, on retrouve beaucoup de matériel de pêche abandonné, dont de vieux filets dans lesquels les animaux se prennent. Comme ces filets sont très solides, les animaux marins se blessent ou meurent.

Il arrive également qu’ils ingurgitent du plastique, en pensant qu’il s’agit de nourriture. L’exemple le plus souvent évoqué est celui des tortues, qui confondent les sacs de plastique avec des méduses, une proie dont elles se nourrissent. On estime qu’environ 100 000 mammifères marins meurent chaque année en raison de ces matières résiduelles flottantes.

De plus, divers organismes à différents niveaux de la chaîne alimentaire (comme le plancton, les crustacés, les poissons, etc.) ingurgitent des microparticules de plastique qui se trouvent dans l’eau. Cela fait en sorte que le plastique entre dans la chaîne alimentaire sans même qu’on s’en rende compte, et qu’il affecte ensuite les individus qui se nourrissent de ces animaux.

Éventuellement, les humains mangeront à leur tour les animaux affectés, ce qui pourra causer diverses conséquences sur leur santé.

Finalement, la présence d’autant de morceaux de plastique dans les étendues d’eau entraîne la propagation d’espèces envahissantes. Ces espèces se fixent sur des morceaux de plastique et sont transportées sur de grandes distances, s’installant dans des endroits où elles menacent l’équilibre des écosystèmes qui ne sont pas préparés à leur présence. Il peut s’agir, par exemple, de poissons, d’algues, de bactéries ou de coquillages. Ces espèces envahissantes peuvent également apporter des maladies avec elles et les transmettre au milieu dans lequel elles vont s’installer.

Bref, si on ne ralentit pas la production et la consommation de plastique, il y aura plus de débris de plastique que de poissons dans les océans d’ici 2050!

Des solutions possibles?

Comment faire pour remédier à une telle situation?

Un jeune écologiste néerlandais, nommé Boyan Slat, a fondé l’organisme Ocean Cleanup, qui vise à nettoyer les océans, en utilisant une technologie développée par 75 ingénieurs. Celle-ci consiste à placer des « frontières » flottantes autour des amas de plastique. On peut ainsi concentrer le plastique au même endroit et le garder prisonnier afin de le retirer de l’eau. Selon son plan, l’organisme devrait être en mesure d’éliminer 50 % du plus gros continent de plastique d’ici cinq ans. Comme la plupart des débris sont assez larges, ils sont plus faciles à récupérer, d’où l’importance d’agir avant qu’ils ne se dégradent davantage.

De plus, plusieurs pays incitent les gens à réduire leur utilisation des plastiques à usage unique et à ralentir la production de ces matériaux. L’organisme espère être en mesure de retirer l’intégralité du plastique des océans d’ici 2050, si on combine la technologie avec la réduction de la production de matières résiduelles.

Source : The Ocean Cleanup

Tu peux aider les océans toi aussi!

Si on veut un jour se débarrasser de ces amas de plastique, il faut arrêter d’en déverser dans les océans. Ainsi, il faut régler le problème à la source : la production de de matières résiduelles.

Tu peux contribuer toi aussi à réduire la production d’ordures non biodégradables. Premièrement, essaie de réduire au maximum ton utilisation des plastiques à usage unique, comme les ustensiles et les pailles jetables, les bouteilles d’eau en plastique, les produits suremballés, les emballages pour emporter et les sacs en plastique. Pour y arriver, utilise, par exemple, des sacs réutilisables, des pailles en métal et des gourdes. Tu peux même demander à ton école d’opter pour des solutions visant à réduire les déchets, si elle ne le fait pas déjà. Enfin, il est important de déposer tes contenants et tes emballages de plastique dans le bac de recyclage. Ainsi, ils seront recyclés, ce qui réduira la production de plastique en plus d’empêcher que ces matières résiduelles ne se retrouvent dans l’environnement.

Pour ce qui est de la nourriture, qui est souvent suremballée, plusieurs épiceries offrent maintenant des aliments en vrac ou « zéro déchet ». Tu peux y apporter tes propres contenants réutilisables et les remplir sur place. Les produits achetés ne sont donc pas emballés et tu peux en prendre seulement la quantité dont tu as besoin. Cette façon de faire produit bien moins de déchets, puisqu’il n’y a pas d’emballage de plastique. Tu peux t’informer, car certaines grandes épiceries offrent également cette option pour plusieurs de leurs produits.

Puis, l’une des meilleures façons de réduire la production de déchets est de moins consommer. Ainsi, avant d’acheter une chose, il importe de se demander si on en a vraiment besoin, car consommer au-delà de nos besoins contribue à la production de déchets. De plus, au lieu de te procurer seulement des objets neufs, tu peux en acheter ou en échanger qui sont usagés mais encore en bon état, par exemple, des vêtements, des jeux ou des livres. Aujourd’hui, plusieurs boutiques vendent des produits usagés à moindre coût, ce qui en fait un choix écoresponsable.

Enfin, les déchets dans les cours d’eau sont dangereux pour les océans, mais ils sont aussi néfastes pour les plans d’eau plus près de chez toi. Ainsi, des corvées de nettoyage des rives sont fréquemment organisées par des organismes de protection de l’environnement. Tu peux te joindre à un groupe, créer ton propre groupe ou inscrire ton école afin de nettoyer les rives d’un cours d’eau près de chez toi. Tu peux consulter les sites d’organismes qui t’aideront à prendre part à ces activités de façon sécuritaire. Bref, si chacun s’y met, il est possible qu’un jour, nos océans soient en meilleure santé!

Connais-tu ces symboles? Lorsque tu les repères sur un produit en plastique, cela veut dire que le produit est fait à partir de plastique recyclé, selon le pourcentage inscrit sur l’étiquette. Donne-toi la peine de mieux choisir tes produits en plastique à l’aide de ces étiquettes. Peut-être que le plastique recyclé contenu dans ces produits achetés provient de l’océan ou même d’un produit que tu as mis toi-même dans le bac de recyclage!

Connais-tu ces symboles? Lorsque tu les repères sur un produit en plastique, cela veut dire que le produit est fait à partir de plastique recyclé, selon le pourcentage inscrit sur l’étiquette. Donne-toi la peine de mieux choisir tes produits en plastique à l’aide de ces étiquettes. Peut-être que le plastique recyclé contenu dans ces produits achetés provient de l’océan ou même d’un produit que tu as mis toi-même dans le bac de recyclage!
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Publication : novembre 2019